mercredi 27 janvier 2010

I/1. La création du cinéma

Les frères Lumière sont restés dans l’histoire comme les inventeurs du cinématographe. Bien qu’ils ne soient pas les créateurs de ce mot et qu’ils se soient inspirés d’autres travaux pour mettre au point leur invention, ils furent effectivement à l’origine des premiers films de cinéma. Les frères Lumières ne voyaient en cette invention que quelque chose sans avenir. Dès le départ le cinéma se distingue de tous les médias qui l’ont précédé.

C’est en 1894, qu’Antoine Lumière demanda à ses fils Louis et Auguste de s'intéresser aux images animées sur lesquelles plusieurs pionniers travaillaient à l’époque.
Louis et Auguste Lumière ont perfectionné la croix de Malte (système qui permet à une bobine d'avancer par intermittence) toujours utilisée de nos jours.
Lors de l'Exposition universelle de Paris, ils rencontrent Thomas Edison, Georges Méliès et Émile Reynaud, l'inventeur du praxinoscope (un engin très proche du cinématographe, mais utilisé pour le dessin animé).
En 1895, ils dévoilent leur invention, le "Cinématographe Lumière", un appareil qui était à la fois une Caméra de prise de vue et un projecteur de cinéma.
Leur machine utilise la même pellicule perforée que Thomas Edison et comporte un système d’entraînement à croix de Malte.
La Première projection privée se déroula dans la résidence des frères Lumière à La Ciotat en septembre 1895 et la Première projection publique au Salon indien du Grand Café à Paris, le 28 décembre 1895.
Cette séance historique comprenait 10 films tous réalisés par Louis et Auguste Lumière en 1895, dont La Sortie des Usines Lumière, le tout premier film de l’histoire du cinéma. L’invention d’Auguste et de Louis Lumière fut acclamée par le public non seulement à Paris, mais aussi à Londres et à New York.

Avant le cinématographe de nombreuses inventions se sont succédées ce qui a permit sa création:

En 1878, les travaux photographiques d’Eadweard Muybridge permettent une première décomposition du mouvement. En 1881, il met au point un zoopraxiscope, un projecteur lui permettant de recomposer le mouvement, courses de chevaux, vols d'oiseaux ou compétitions sportives à travers la vision rapide et successive de ses phases décomposées.
Cette découverte place Muybridge parmi les précurseurs du cinéma.

Ensuite, le Français Étienne-Jules Marey cherche à perfectionner le protocole technique de Muybridge. Il invente ainsi un fusil photographique (1882) et un appareil à plaque fixe, puis à pellicule mobile (1890), dont il parvient en 1893 à projeter les images décomposées.

À la suite des travaux d’Étienne-Jules Marey et du photographe Eadweard Muybridge, l’élaboration d’un matériel capable de saisir et de restituer le mouvement dans sa continuité apparut techniquement possible.
Le premier à mettre au point un tel appareil fut William Kennedy Laurie Dickson, qui travaillait pour la société de Thomas Edison. Ancêtre de la caméra, le Kinetographe fut breveté en 1891 ; il prenait une série de photographies instantanées sur une émulsion photographique standard Eastman Kodak que l’on collait ensuite sur une bande de Celluloïd transparent de 35 mm de large, perforée de façon régulière.

La première projection eut lieu en 1893, à l’aide d’un appareil conçu également par Dickson et appelé Kinétoscope. Cet appareil, une sorte de visionneuse individuelle, était enfermé dans un grand coffret et permettait la perception d’images continues à travers un viseur. Sous cette forme, ce ne fut guère qu’une attraction foraine, toutefois fort prisée.

Les frères Lumière en reprirent alors le principe et mirent au point un projecteur : le Cinématographe. Le succès fut immédiat. D’autres chercheurs, aux États-Unis (Laurie Dickson, associé à Eugène Lauste, Thomas Armat, dont le brevet fut acheté par Edison en 1896, etc), en France (Georges Demenÿ, inventeur du Chronophotographe pour la firme Gaumont), en Allemagne (Max Skladanowsky, Oskar Messter), en Italie (Filoteo Alberini) et en Grande-Bretagne (Robert William Paul), mettaient au point à la même époque des brevets concurrents ou complémentaires (voire des contrefaçons) des brevets Edison ou Lumière.
Très vite, le format de pellicule de 35 mm défini par Edison et la vitesse de projection de 16 images par seconde du Cinématographe Lumière devinrent des standards.
Il ne manquait qu’un système pratique de synchronisation du son : le Vitaphone en 1926, puis le Movietone en 1931 — pour que les fondements techniques du cinéma moderne fussent tous réunis.

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